Une nouvelle enquête publique relative à la zone de protection naturelle, agricole et forestière (ZPNAF) du Plateau de Saclay a eu lieue du 12 mars au 14 avril 2012.

Derrière ce sigle compliqué se trouvent en réalité cachées plusieurs années de lutte pour que l’agriculture se maintienne sur le Plateau de Saclay. Pour que l’urbanisation galopante annoncée il y a encore 5 ans (135.000 logements) soit réduite. Pour que cette zone, située à 20 km de Paris, en reste un « poumon vert ». Les associations unies ont en effet obtenu que 2317 ha d’agriculture soient maintenus sur le Plateau, ce qui permet aux fermes actuelles (Viltain, Trou salé, etc.) de continuer leur activité à proximité de Paris et de la banlieue, et d’y recevoir le public pour les cueillettes très appréciées de tous. Le maintien du contact avec la nature a donc été reconnu et la culture à proximité de la ville maintenue. On retrouve un peu de raison là où l’appât du gain immobilier avait conduit à des plans gigantesques. Une enquête publique est ouverte dans nos communes. En effet, le conseil d’administration de l’EPPS (Etablissement Public de Paris-Saclay) a adopté en décembre dernier la délibération sur le projet de délimitation de la zone de protection naturelle, agricole et forestière(ZPNAF) du Plateau de Saclay. Cette zone comporte 3 898 hectares dont 2 452 hectares de terres agricoles (parmi lesquelles 2 317 hectares situés à la fois sur le périmètre de l’OIN et sur le plateau de Saclay) et 1 446 hectares d’espaces naturels et forestiers.

Position de Pour Jouy envoyée au commissaire enquêteur

Nous ne pouvons nous satisfaire du projet d’aménagement envisagé sur le plateau de Saclay et du périmètre insuffisant de 2315 ha de terres agricoles protégées, tels que proposés dans le cadre de l’enquête publique. Tout en considérant que la protection du Plateau est un objectif acquis qui nous semble positif, nous voulons que celle-ci soit garantie en réalité, sans émiettement du territoire concerné.

Plusieurs points nous inquiètent encore :
-  Les 2315 ha proposés : selon de récentes études, ce seuil est le seuil minimal qui garantirait la viabilité durable et économique d’une exploitation des terres agricoles du plateau de Saclay. L’agriculture périurbaine sur le plateau de Saclay nécessite des surfaces continues afin d’en faciliter l’exploitation.
-  Or plusieurs projets, tels que les futures infrastructures de transport sur le plateau, pourraient fragmenter ou réduire l’espace cultivable, annonçant la disparition programmée des agriculteurs et de leurs exploitations. Les projets d’élargissement des routes ou encore les futurs projets de voierie risquent de compliquer l’exploitation des surfaces agricoles déjà difficile.
-  La conservation et la préservation de terres agricoles en Île-de-France, bassin concentrant près de 21% de la population française, méritent notre attention. Dans une logique de moindre coût et de réduction des gaz à effet de serre, le développement de circuits courts alimentaires semble être une réponse efficace.
-  Sur le fond du projet, l’aménagement scientifique du plateau de Saclay ne semble pas totalement justifié. Pourquoi continuer à investir de l’argent public et concentrer les activités en Île-de-France ? La centralisation appauvrit les autres territoires de leurs richesses intellectuelles, et engendre des coûts cachés en termes d’infrastructures et de nuisances, qui se révèlent toujours très élevés.
-  Enfin, les projets d’aménagement (prévoyant des constructions allant jusqu’à 50m) vont détériorer les paysages et les vues du plateau. Le périmètre des terres agricoles doit permettre de protéger ces vues.

C’est pourquoi nous demandons :
-  que soit revu et élargi à ce stade le périmètre des terres agricoles protégées à 2500 ha minimum pour ne pas compromettre l’avenir des activités agricoles du plateau de Saclay.
-  l’inclusion au sein du périmètre de protection des terres au nord de la rigole de Corbeville dans le sud du Plateau (commune de Saclay) ; l’intégralité des terres de la Minière situées à l’est et à l’ouest de la RD91 (commune de Guyancourt).



Flavien Bazenet,
président


Notre avis :

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